Ghost of Tsushima – Ça va trancher chérie !

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Une lame émoussée dans un écrin d’ébène

Sucker Punch revient pour clôturer l’aventure PS4. Il y 6 ans, ce même studio nous avait livré une aventure fort sympathique avec Infamous Second son, que j’avais vraiment beaucoup aimé.

Et voilà que ce studio délaisse sa licence riche en fun et en pouvoirs pour les contrées japonaises. Nous plongeant dans l’invasion mongole de l’île de Tsushima, nous incarnons Jin Sakaï, un samouraï qui arpentera un Japon féodal du plus bel effet. Mais, passé la première surprise visuelle, le reste suit-t-il ? Oui et non…

Support : PS4 – Éditeur : Sony – Développeur : SuckerPunch – Genre : Action / Aventure – Sortie : 17 Juillet 2020 – Prix standard: 69,99€ – PEGI +18

RAPPEL : Une Critique est l’avis subjectif d’un des membres de la rédaction de TheRenegades. Elle a pour objectif de porter une opinion supplémentaire à un ensemble d’avis positifs comme négatifs, dont seul le lecteur pourra se faire sa propre opinion. Une Critique peut être débattue, avec les échanges d’opinions de chacun, mais n’est pas, une vision imposée aux autres par celui qui l’écrit. N’hésitez pas à venir débattre du sujet avec nous dans les commentaires ou sur Discord.


L’âme de Kurosawa

Poétique, coloré, contemplatif, doté d’une âme ; voici les superlatifs qui déferleront lors de votre première partie. Le jeu est au niveau des décors, une petite merveille. Renforcé par une utilisation du HDR absolument somptueuse, le jeu flatte la rétine à chaque instant. Les panoramas sont époustouflants, et je suis ébahis devant les couleurs et la poésie qui s’en dégage, et cela malgré le fait que je sorte fraîchement d’un Last of us 2 intouchable sur ce sujet.

GoT est une invitation à l’exploration, au voyage. Il nous offre la possibilité de se poser, de contempler la brise balayer les feuilles mortes et laisser le soleil transpercer les feuillages d’une forêt apaisante. Je prends le temps de me balader à pied, de suivre un renard m’emmenant à un autel pour me recueillir (EXP), je peux méditer au bord d’un lac, où encore battre les prés à dos de cheval. Rare sont les titres à proposer un dépaysement aussi total. Cette attention toute particulière apportée aux décors se doit donc d’être accompagnée d’un gameplay aussi envoûtant… raté…

Hatori Hanzo version Aliexpress

Le gameplay est à mes yeux l’élément numéro 1 d’un jeu. Impossible pour moi de vivre une expérience totale sans un gameplay calibré au millimètre. Jin étant un samouraï plutôt aguerri, nous devrons souvent croiser le fer avec nos assaillants. Les combats sont assez complexes, techniques et requérant un bon timing. La touche L1 permet de se protéger et si le timing est bon, de parer le coup, ouvrant la garde de l’ennemi pour lui asséner un contre dévastateur. Il existe une touche d’esquive également, permettant de s’éloigner de l’ennemi, ce afin d’éviter des attaques imparables. Les lanciers ne seront vulnérables qu’après une bonne esquive. Du moins, au début. Mais voilà, la caméra fait des siennes. N’ayant pas de système de lock, le jeu se prend souvent les pieds dans le tapis, surtout dans les endroits exiguës. Nous sommes loin de l’intuitivité d’un Batman Arkham par exemple. L’absence de lock est un manque cruel qui aurait permis notamment de stabiliser une caméra que nous devrons replacer nous-même, quitte à devoir lâcher le bouton d’attaque alors qu’une occasion de contre salutaire se présente. Cette frustration ne serait pas si grande si les ennemis ne faisaient pas aussi mal. Comprends que je n’ai rien contre, au contraire, j’aime l’idée d’avoir une barre de vie qui s’effrite en trois attaques, mais quand une succession de coups s’abbat sur Jin alors que je n’ai pas pu voir mon ennemi, situé dans mon dos, et que la caméra ne juge pas bon de me le montrer, il y a de quoi être un peu déçue. Il suffisait de la reculer légèrement, comme Batman sait si bien le faire. J’y ai retrouvé un léger feeling Assassin’s Creed, le côté bâclé et répétitif de la licence au ballot de paille en moins (ça c’est cadeau UBI).

Ce gameplay, bien que bancal, donnera lieu à quelques moments de bravoure, notamment quand le personnage montera en EXP et déverrouillera des capacités rendant certaines joutes aussi belles que les films de katana de la grande époque. Mais pour cela, tu vas devoir suer sang et eau, tout en apprivoisant la caméra. Clairement, t’as pas fini de pester.


Ghost Dog is here !

À cette dynamique bancal des combats, s’ajoute de l’infiltration. Plutôt simple, voir très simple, elle reprend le système d’Assassin’s Creed, à savoir hautes herbes, attaques dans le dos, attaques à distance à l’arc, possibilité de se faufiler un peu partout etc… Rien de nouveau sous le soleil levant en somme… Non pas que se soit mauvais hein, mais c’est finalement quelque chose de déjà joué. Et c’est manette en main la sensation qui réside en jouant à GoT : C’est un Assassin’s Creed mais en mieux. L’ossature de gameplay est la même, mais l’exploration emmène le soft bien au delà de tout ce qu’Ubi ne fera jamais.


Le jeu est une ôde à l’exploration, comme dit plus haut. Je le suspecte même d’avoir était avant tout pensé comme un jeu d’exploration, saupoudré d’action. On sent que les développeurs se sont déchirés pour retranscrire un japon féodal, aussi sublime que tout ce que le cinéma à pu nourrir comme image dans notre inconscient collectif. Les couleurs sont parfois saturées, magnifiant le tout et nous rapprochant de la splendeur visuelle du film mid 2000 baptisé « Hero ». Jet Li et Tony Leung se partageaient l’affiche de ce film absolument splendide. N’oublions pas que les dévs ont ajoutés un mode baptisé « Kurosaa », en hommage au réalisateur éponyme. Teinte noir et blanc, grain de pellicule et son légèrement étouffé, on s’y croirait. Cette sensation d’évoluer dans un film d’époque est vraiment un chouette clin d’oeil, mais se serait passer à côté de la déferlante de couleurs du soft. On saluera l’effort, mais on ne s’y éternisera pas. Le visuel sera quand à lui appuyé par une bande-son de haute volée. Tantôt renforçant un combat, ou sublimant un décor. Elle s’imbrique parfaitement avec le spectacle qui s’offre à nos yeux. Dommage cependant que les visages n’aient pas eu le même traitement de faveur. Les animations générales nous poussent délicatement vers une uncanny valley… et casse un peu la sensation d’environnement palpable. Les animations de grimpette rappellent elles encore un certain… Assassin’s Creed… oui oui, encore lui…

Point de foin…

Attend, y a pas de botte de foin, et heureusement. La comparaison avec AC s’arrêtera là. Pour le reste, GoT a son identité qui lui est propre. Le jeu te prend par la main sans vraiment t’obliger à le suivre, notamment avec un système de guidage du joueur hyper ingénieux. Ici pas de mini map avec une ligne à suivre, pas de boussole grossière où de barre en haut de l’écran qui viendra pourrir ton immersion, non. Le vent sera ton guide. Ouais, ça c’est une idée géniale. Vraiment. C’est le système de guidage le plus discret et intelligent qu’un soft nous aura servi. Et de plus, c’est assez bien foutu. Un curseur apparaît quand nous sommes assez proche du lieu d’arrivée, remplaçant évidemment le vent. Mais ce système ne m’aura presque pas fait défaut. Même si il indique juste une ligne droite sans tenir compte de la topographie du terrain, cela va de paire avec cette notion d’exploration. Un équilibre optimal et que je salue !

D’ailleurs, pour aller décrocher le platine, compte une cinquantaine d’heure. C’est honnête, et on ne boudera pas son plaisir tellement l’exploration est gratifiante et grisante. J’en arrivais même à souhaiter ne pas me battre pour pouvoir me balader tranquillement. Le jeu est assez riche en collectibles, et les différentes upgrades (visuels) de Jin rajoute une plus-value à l’exploration.

En parlant d’upgrades, au delà de l’arbre de compétence plutôt chétif, tu pourras débloquer pas mal de skins ou armures te permettant tantôt de privilégier la défense, l’exploration ou l’agilité. C’est pas fou mais ça ne pouvait pas ne pas être là. À ce niveau, Assassin’s Creed fait mieux… en apportant plus de variété. Il existe certes un système de posture permettant de varier les coups (en s’adaptant à l’assaillant), mais on ne jonglera finalement pas beaucoup entre toutes. Ici, c’est un emprunt à Nioh, mais très substantiel.


Erreur calendaire.

Je pense aussi que le calendrier de sortie de GoT le désavantage. Le sortir un mois après The Last of us 2 est une erreur de stratégie assez dommageable. Le jeu se prendra forcément le comparatif avec le bébé de Naughty Dog, alors qu’il ne joue pas dans la même cours. Mais oui, sortie de TLOU2, difficile de passer à un autre jeu d’aventure. Peut-être que le temps sera plus clément avec GoT, même si je doute fort qu’il marque les esprits. Il est dans la moyenne des exclus PS4, trônant fièrement avec Horizon ZD et Spiderman. Et ce n’est déjà pas si mal. Il aura aussi le mérite de se poser comme un pied de nez à Ubi, en leur montrant qu’un AC dans le Japon féodal est largement faisable. Les bugs en moins. Un jeu pas parfait, très envoûtant, et qui te fera passer un bon moment si tu aimes les katanas, le saké chaud, les claquettes en bois et les balades. Si tu aimes les drakkar, le sang, les barbes rousses et les bugs, rendez-vous fin d’année !

NOTRE SYSTEME DE NOTATION : La note numéraire représente les mécaniques de jeu, bande sonore, écriture, jouabilité, technique, etc… et le rang résume l’avis subjectif du critique à ses critères personnels.

6/10

6/10

Points Positifs:

– Un charme général indéniable
– Des décors sublimes
– Quelques combats délectables

Points négatifs :

– Une caméra aux fraises
– Le traitement des visages moins soigné que les décors
– Un côté AC trop présent

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